LA CHANSON D’UN BÛCHERON
Vous savez tous, mes bons amis qui vivez à votre aise,
J’ m’en vas vous chanter z-un récit de nos plus grand’ misères.
Il faut monter dans ces chantiers en quittant tout ce qui nous est cher
Pour s’en aller dans l’bois comme des loups pendant des longs hivers.
Vous savez tous, mes bons amis, dans ces chantiers qu' il faut travailler sans cesse;
Faut travailler l’jour d’ la Toussaint, aussi les autres fêtes.
Le jour de l’An pareillement, notre maître le réclame.
Si Dieu n’ prend pas pitié de moi, je crains pour ma pauvre âme.
Il faut z-aussi qu’on lave nos hardes pour pas que les poux nous mangent.
Considérez, mes nons amis, car c’est une vie étrange,
De devoir laver son butin le saint jour du dimanche.
Oh! J’ai fini; c’est ma chanson, quand bien même que c’est dimanche.
À présent que ma chanson est chantée, passez-moi la bouteille.
Que je salue la compagnie en saluant la belle.
Cette chanson est intéressante en ce fait qu’elle est d'origine canadienne et qu’elle décrit les conditions de vie dans nos camps forestiers des temps passés. Elle a été chantée ici par un ancien bûcheron.
La chanson est connue dans l’Est du Québec et le Nord du Nouveau-Brunswick. Certaines versions sont plus longues que celle-a. Les bûcherons y ajoutent des détails personnels. Il existe quelques autres complaintes semblables, décrivant l’ennui ou la misère que les hommes éprouvaient dans les chantiers.
- Helen Creighton, La Fleur du Rosier, 1988, p. 231 et 232
Inconnu
Allan Kelly, Helen Creighton, Ronald Labelle
19e siècle
CANADA Nord du Nouveau-Brunswick, Nouveau-Brunswick, Nord du Nouveau-Brunswick, CANADA
CANADA Bas-Saint-Laurent - Gaspésie, Québec, Bas-Saint-Laurent - Gaspésie, CANADA
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