Les collections d’objets artisanaux autochtones du Musée du Nouveau-Brunswick témoignent d’un petit aspect particulier de l’ingéniosité et de la capacité d’adaptation des Wolastoqiyik. Experts dans le travail du bois, la construction de canots, la fabrication d’outils et l’artisanat, ils confectionnaient les produits durables, pratiques et fiables dont ils avaient besoin pour conserver leur mode de vie actif. Technologues compétents, ils produisaient aussi des pièges, des toboggans, des raquettes, des pagaies, des haches, des couteaux, des filets, des paniers, des lances, des arcs, des instruments de musique, toutes sortes de vêtements et plus encore. À la fin du XIXe siècle, la présence des colonies européennes et les changements technologiques avaient perturbé le mode de vie traditionnel des peuples autochtones du Nouveau-Brunswick. Le gibier a commencé à disparaître, et les Wolastoqiyik se sont trouvés dans la nécessité de faire du troc pour avoir de la nourriture ou de chercher du travail dans les fermes et les camps de bûcherons ou comme guides. Certains ont trouvé une source de revenus plus sûre dans la fabrication de paniers qu’ils pouvaient vendre ou échanger. Cette relation est attestée dans des récits écrits ainsi que par des artéfacts comme des broches en argent utilisées pour le troc ou les paniers tressés à motifs ornementaux qu’on associe aux cultures autochtones. Alors que le Nouveau-Brunswick s’engageait sur le chemin cahoteux du « progrès » au tournant du XXe siècle, les Wolastoqiyik luttaient pour leur survie. Dans l’ensemble, l’accès aux emplois de l’économie industrielle leur était refusé. Toutefois, ils ont réussi à trouver du travail en tant que guides de nature pour les touristes venus chercher l’aventure, chasser et pêcher dans l’arrière-pays du Nouveau-Brunswick.
Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick
Musée du Nouveau-Brunswick
vers 2007
Nouveau-Brunswick, CANADA
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