Naissance et tourments de Miss Canada et de Johnny Canuck, ou les débuts de la fédération

Clip vidéo traitant de la naissance de la fédération canadienne, des défis et des difficultés qu’elle doit surmonter. (Durée : 3 min 41 s)

19e siècle
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


Transcription

La naissance du Canada constitue un véritable exploit. À l’époque, les nombreux caricaturistes personnifient les défis qu’affronte le nouveau pays sous les traits de « Miss Canada », de « Johnny Canuck » ou de «Young Canada ». Les difficultés à surmonter sont considérables. Il s’agit de parvenir à réunir dans un même pays des populations aux conditions de vie et traditions diversifiées, d’unifier un territoire immense, en partie en friche, et d’affirmer sa souveraineté face à un voisin du Sud déjà puissant.

Une fois le Canada devenu réalité, d’autres défis tout aussi importants se posent. L’extension du territoire d’un océan à l’autre mobilise au plus haut point. Dès les lendemains de la Confédération (1867), il s’agit d’intégrer les vastes territoires situés au nord du Québec et de l'Ontario et ceux s'étendant vers l'ouest, jusqu’aux Rocheuses. Il faut aussi convaincre les élites de la Colombie-Britannique de joindre le pays. Soucieuse de maintenir sa présence en Amérique du Nord par l’intermédiaire de sa colonie, la Grande-Bretagne apporte son concours en permettant au Canada d’acquérir les territoires de la Terre de Rupert et du Nord-Ouest. Les dirigeants du pays, John A. Macdonald (1815-1891) en tête, parviennent à surmonter les réticences de ceux qui, à l’ouest comme à l’est, redoutent de se fondre dans un grand tout canadien, en promettant la construction d’un chemin de fer transcontinental.

La crainte de l’expansionnisme américain, exacerbée par l’acquisition de l’Alaska par les États-Unis (1867), explique l’urgence de relier et de développer l’immense territoire sur lequel rêve de s’étendre le Canada. Il importe aussi de faciliter l’accès des industriels aux matières premières et d’établir un marché intérieur qui permette la circulation et la vente des produits de l’industrie naissante.

Autant la réalisation de ces projets est cruciale, autant elle se bute aux réticences des populations. La méfiance est grande aussi chez les Canadiens français. Certes, l’avènement de la fédération crée deux niveaux de gouvernement, au fédéral et au provincial. Le Québec possède ainsi des institutions pour gérer les questions locales, selon ses usages et ses traditions. Mais la crainte demeure de voir son influence diminuer avec le développement de ce grand pays à majorité anglophone. De même, les provinces maritimes, tournées vers le commerce international et la pêche, ne sont pas convaincues que les politiques du gouvernement fédéral, anxieux de développer l’industrie et de coloniser l’Ouest, leur soient favorables. Que dire encore des populations des territoires du Nord-Ouest, métisses et autochtones, intégrées au pays sans avoir été consultées.

En quelques années, le Canada parvient à s’étendre d’un océan à l’autre. Dès 1873, il compte sept provinces. Si l’extension géographique se réalise et donne raison aux fondateurs du pays, l’unité politique s’annonce plus difficile à réaliser.


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