Le jeune Répine a réalisé l’étude La Mendiante pendant un séjour en France, dans la petite ville de Veules-les-Roses. Sur cette toile, on trouve réunies pour la première fois, toutes les facettes du don du futur maître : l’amour de l’être humain, la capacité de pénétrer le monde intérieur de son héros, le talent de dessinateur et de peintre qui a su découvrir, pour lui-même, l’art de la peinture en plein air. Dans cette étude fidèle à la nature, on ne trouve rien de trop. « La fillette se tient debout dans le champ et, sur le fond, on aperçoit du blé jauni orné de coquelicots, de bleuets et d’herbe dense et terne. La petite silhouette est placée sous les rayons directs du soleil, ses formes sont modelées de façon très naturelle et le coloris est diversifié, selon que l’endroit représenté est dans l’ombre ou dans la lumière. Le paysage est assez conventionnel, il attire à peine notre attention. Pourtant, il est inséparable de l’univers de la fillette qui vit cette chaude journée d’été... » (O. Liaskovskaïa). Le peintre nostalgique écrivait à ceux qui étaient demeurés dans sa patrie : « Nous ne vivons maintenant que par la nature, elle est si simple, ici, si enchanteresse [...] elle ressemble tellement à ce qu’on peut trouver chez nous, dans le midi de la Russie. »