Le Feu de la Miramichi de John Jardine
LE FEU DE LA MIRAMICHI de John Jardine
Permettez-moi de vous raconter la vérité
Car mes yeux furent en partie témoins
De ce qui arriva aux gens
Des rives de la Miramichi.
Le septième soir d'octobre,
Mille huit cent vingt-cinq,
Deux cents personnes périrent par le feu;
Un châtiment s'abattit sur les survivants.
Certains affirmèrent que cette calamité
Était causée par les péchés
Qui s'étaient élevés jusqu'à Jéhovah,
Il ne voulait ni les voir ni les excuser.
Pour détruire les demeures des pécheurs
Et mettre le pays à sang,
Il lança en trombe un feu
Depuis cette région sauvage qui s'élève.
C'est d'abord au nord-ouest qu'il frappa,
Vingt-deux hommes moururent là-bas
Lorsqu'il balaya les prés,
Pour filer jusqu'à Newcastle.
Comme les gens étaient endormis,
Le feu assaillit leur patelin,
Malgré sa beauté et son charme,
Le village fut réduit en poussière.
Le feu y brûla trois navires en construction,
Et deux autres qui mouillaient l'ancre,
Bon nombre de ceux qui virent le feu,
Crurent que le jour du jugement était arrivé.
Douze autres hommes furent brûlés
Aux quatre coins du village;
Vingt-cinq moururent sur l'eau
Dans un chaland, ils chavirèrent et se noyèrent.
Une famille en aval de Newcastle
Fut anéantie avec le reste,
Père, mère et trois enfants,
Sans oublier un nourrisson.
Treize familles habitaient
Tout juste derrière chez Gretna Green,
Elles périrent toutes par le feu,
On ne vit qu'un seul survivant.
Il franchit ensuite Black River,
Où il en brûla soixante autres;
Il se frayait un chemin avec violence
Jusqu'à ce qu'il atteignit le rivage saumâtre.
Quarante-deux milles sur cent
Voilà l'étendue de ce feu;
Tout cela en huit heures,
Pas plus de dix.
J'ai survolé ces événements,
Je vais maintenant les personnaliser,
Et parler de certaines de mes connaissances,
Avec lesquelles j'étais intime.
Une femme fut conduite à la rivière,
Où elle se tint, mouillée et gelée,
Malgré sa maladie récente,
Elle avait un bébé de seulement trois jours.
Six jeunes hommes intelligents et actifs,
S'en allèrent travailler dans le nord-ouest,
Où ils virent le feu s'approcher,
Pour s'en sauver firent de leur mieux.
À environ deux milles de leur campement
On les trouva tous,
Mais pour décrire leur aspect pitoyable,
Les mots font défaut.
La vision de ces jeunes hommes dans la force de l'âge,
Étendus, sans vie, sur le sol,
Et de leurs frères endeuillés,
Propagea un sentiment d'horreur parmi l'assemblée.
Puis nous creusâmes une tombe et enterrâmes
Ceux que le feu avait dévorés;
Et chacun de nous, les vivants,
Retournâmes chez nous.
J'ai entendu les lamentations, les cris et les gémissements,
Vu les larmes tomber;
Ce souvenir, en moi, ne s'effacera jamais,
Même si je devais vivre cent ans.
Les sœurs qui pleurent leurs frères,
Le père qui regrette son fils,
La mère, accablée par un chagrin douloureux et sincère,
Qui s'écrie « Je suis perdue! »
Le feu tua les animaux sauvages de la forêt,
Aussi de nombreux poissons dans la rivière.
Un pareil désastre,
Je ne souhaite point revoir.
Quelques jours après l'incendie, John Jardine de Black River a fait le récit en vers du Grand Feu. Chantée lentement, à la manière d'une mélopée, cette complainte est toujours bien connue à Miramichi.
- Louise Manny, Songs of Miramichi, p. 145 à 148
John Jardine
vers 1825
CANADA Nord du Nouveau-Brunswick, Nouveau-Brunswick, Nord du Nouveau-Brunswick, CANADA
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